Malgré la part relativement faible que représente l’emploi agricole par rapport à la force de travail
dans son ensemble au niveau régional, il n’en demeure pas moins que ce secteur d’activité revêt
une importance stratégique dans le développement des territoires au regard des enjeux qu’il
soulève : surface utilisée, diversité et importance de la production, organisation de bassins
d’emplois dans les espaces ruraux…
• La comparaison des cartes de l’emploi dans les secteurs primaire et
agro-alimentaires délivre des conclusions différenciées de la situation des régions
européennes. L’importance de l’emploi du secteur primaire est très hétérogène dans
les régions de l’Union européenne. Si son importance, dans la structure de l’emploi,
est fondamentale en Europe de l’Est (notamment en Roumanie, Bulgarie, dans l’est
polonais et le sud-ouest grec), avec une part supérieure à 20 % de l’emploi total (vert
foncé sur la carte), il reste cependant mineur sur toute une bande centrale
européenne où ces mêmes taux d’emplois sont généralement inférieurs à 5% de la
main d’oeuvre employée (jaune et vert clair sur la carte).
• La carte représentant la part de l’emploi dans l’industrie agro-alimentaire montre
un autre portrait de la situation. Les effectifs employés sont tout d’abord plus faibles.
Au regard de la répartition spatiale de l’emploi dans le secteur primaire, on observe
que le phénomène adopte une toute autre logique : dans la plupart des pays de
l’Union européenne, des ensembles de régions tendent à se démarquer des autres
de part leur niveau de spécialisation. Ainsi le nord-ouest polonais, le sud hongrois,
l’ouest français, le centre espagnol, le sud tchèque sont représentés par des taux
d’emploi dans ce secteur deux à trois fois plus élevés que celui du reste des régions
de leur propre État.
• La carte des agriculteurs ayant une autre activité rémunératrice (ie hors
agriculture) illustre la diversification croissante de l’économie rurale ainsi que le
changement progressif de mode d’exercice de la profession agricole. Cette
évolution se caractérise par une part de plus en plus importante des activités non
agricoles exercées par les agriculteurs (vente directe à la ferme, artisanat,
tourisme…). En moyenne, 36.4% des agriculteurs européens exercent une autre
activité que leur activité agricole. Ce chiffre est particulièrement notable en Europe
centrale, du Nord, et dans les Nouveaux Etats Membres où entre 30 à 50% des
agriculteurs exercent une autre activité économique. En Europe du sud l’activité
mono-agricole, plus traditionnelle, est toujours dominante.
Cette carte, rapportée à celle sur la part de l’emploi dans le secteur primaire illustre
le renouveau d’une activité économique diversifiée dans les zones rurales et la part
décroissante que l’agriculture y représente dans certaines régions européennes.
Références : Commission Européenne, Rural Development in the European Union - Statistical and Economic Information - Report
2007, Décembre 2007.
http://ec.europa.eu/agriculture/agrista/rurdev2007/index_en.htm